Moi
mon frère
Comment ai-je pu être aussi égocentrique
? Est-ce vraiment moi, cette fille qui a cru à la négligence
de son entourage envers sa petite personne ? Aujourd’hui, certains événements
surgissent de ma mémoire et la honte m’envahit. Comment
ai-je pu accabler mon frère de reproches alors que sa vie avait
basculé et ne serait jamais plus la même ?
J’ai treize ans quand Stéphan, mon frère aîné,
perd l’usage de ses jambes. Maman vient tout juste de donner naissance à ma
petite sœur Mia et est de retour à
la maison depuis deux jours seulement. À cette époque,
la joie règne dans notre foyer. Puis, le drame. Un jour,
à vingt heures, la sonnerie de la porte d’entrée
retentit. Papa ouvre à deux policiers, qui se tiennent sur le
seuil, l’air grave. Ils baissent le ton pour annoncer à
papa que Stéphan a eu un accident de moto et qu’on l’a
transporté d’urgence à l’hôpital dans
un état critique. Quand mon père se retourne vers nous,
il n’a pas besoin de nous transmettre la nouvelle. Même si
les policiers ont fait preuve de discrétion, leurs paroles nous
sont parvenues, en sourdine d’abord, puis comme une balle qui rebondit
sur les murs et revient au frappeur. Les mots clés : hôpital,
Stéphan, accident grave, nous arrivent en désordre et s’amplifient à
chaque retour jusqu’à nous faire battre les tempes.
J’ai l’impression que le temps s’est arrêté.
Pourtant, tout se déroule très rapidement. Il ne s’écoule
que quatre minutes entre la visite des agents et le départ de
mes parents pour l’hôpital. Ma mère me confie le bébé.
- Jacquie, occupe-toi de Mia et téléphone à
tante Suzanne. Demande-lui de venir à la maison.
Tante Suzanne habite tout près. Son aide me sera précieuse,
car je n’ai jamais eu à m’occuper d’un bébé auparavant.
Je me retrouve là, debout au centre du salon, désemparée,
ma petite sœur pleurant dans mes bras sans que j’aie le temps
de réaliser le drame. Je ne sais pas combien de temps je reste
figée ainsi, mais les cris de Mia me sortent enfin de ma torpeur.
Je tente tant bien que mal de la calmer. Ma maladresse ne fait qu’amplifier
ses hurlements. Je suis moi-même au bord des larmes quand tante
Suzanne fait irruption dans la maison, les yeux exorbités.
- Jacquie, j’ai vu les gyrophares de chez moi. Que se passe-t-il
?
- Stéphan a eu un accident. Il est à l’hôpital.
Je n’arrive pas à calmer Mia. J’allais te téléphoner.
- Donne-la-moi, je vais m’en occuper. Elle a probablement ressenti
la tension.
Sa présence me rassure. Dès que Mia est dans ses bras,
ses cris cessent.
- Est-ce grave ? Demande Suzanne.
- Je pense que oui ! J’ai tellement peur !
Lorsque Mia est endormie, ma tante la dépose dans son berceau
et me serre dans ses bras.
- Ne t’inquiète pas, je suis persuadée qu’il
s’en sortira.
Un grand désordre règne chez nous pendant les quarante-huit
premières heures. Mes parents passent jour et nuit au chevet de
mon frère. Heureusement que nous vivons à proximité
de l’hôpital car maman revient à la maison aux quatre
heures pour la tétée de Mia. En ce qui me concerne, pas
question d’aller à l’école. Je reste chez moi
pour m’occuper de ma petite sœur. Dès le départ
de mes cousins pour l’école, tante Suzanne vient me prêter
main-forte.
Après ces deux jours, Stéphan est déclaré
hors de danger et la présence de mes parents à ses côtés
n’est plus essentielle la nuit. Tante Suzanne offre de prendre
Mia chez elle le jour pour permettre à maman de se rendre à l’hôpital.
Comme elle habite à deux maisons de
chez nous, elle peut facilement faire le va-et-vient. Mon père
reprend le travail et moi, je retourne à l’école.
La journée terminée, je vais souper chez ma tante puis
rejoins ma mère
à l’hôpital. Papa arrive presque en même temps.
Après les visites, nous passons prendre Mia et toute la famille
rentre à la maison. Une certaine routine s’installe.
Après que mes parents ont la confirmation que Stéphan ne
marchera plus jamais, mon père aborde un sujet important.
- Ma chérie, je sais que c’est pénible de parler
de tout ça, mais il faut organiser la maison pour le retour de
Stéphan. Nous avons du temps devant nous, mais j’aimerais
que tout soit terminé avant son retour.
- Comment allons-nous faire ? Nous n’avons pas beaucoup d’économies.
- Ne t’inquiète pas pour ça. Nous pouvons hypothéquer
la maison, puis nous aurons probablement droit au soutien de certains
organismes.
La réadaptation de Stéphan, l’éducation de
maman pour lui permettre de l’aider, la réorganisation de
la maison pour faciliter son autonomie : autant de choses qui bouleversent
la vie familiale.
Les premiers temps, je m’implique à fond. Je m’occupe
souvent de ma petite sœur quand maman aide Stéphan. Et quand
elle donne le biberon à Mia et fait sa toilette, j’aide
mon frère s’il le faut. Mais maman est fatiguée.
Pour alléger un peu sa tâche, je participe aux corvées. À plusieurs
reprises, je refuse de sortir avec mes copines pour aider à la
maison. Je ne peux pas recevoir d’amis car Stéphan est encore
trop vulnérable et Mia, aussi petite soit-elle, ressent notre
tension. Cela se voit
à plein de petites choses : elle régurgite plus souvent
que d’habitude et se réveille au moindre bruit. Le médecin
suggère à maman de cesser de l’allaiter pour ne pas
qu’elle lui transmette sa nervosité. Et moi, plus le temps
passe, plus je deviens irascible. Je n’ai que treize ans et les
responsabilités me pèsent. Les rires se sont raréfiés
dans la maison. La tristesse plane sur nos têtes.
Après quelques mois de ce régime, je commence à
développer une certaine animosité envers mon frère.
- Tout ça est ta faute ! Maman ne voulait pas que tu conduises
cette moto. Tu as désobéi et voilà le résultat
! Tu n’as même pas de permis de conduire !
- Je sais et je le regrette !
- Tu ne trouves pas qu’il est un peu tard pour les regrets ?
S’il n’avait pas désobéi à nos parents,
nous serions heureux comme avant. Tout est sa faute. Je m’occupe
volontiers de Mia, mais désormais, dès qu’il s’agit
d’aider Stéphan, je me rebiffe. Je trouve qu’il ne
fait pas tellement d’efforts. C’est injuste ! Entre mon frère
aîné et ma sœur cadette, je me sens mise à l’écart.
J’ai toujours l’impression de passer mon tour. Il me semble
que mes parents n’en ont que pour eux. Et moi alors ! Est-ce qu’on
va s’occuper un peu de mes besoins ? J’existe ! Suis-je donc
devenue invisible ?
Puis un jour de décembre, je grimpe dans un escabeau pour suspendre
des guirlandes dans l’arbre de Noël, je perds l’équilibre
et me retrouve affalée sur le sol, hurlant de douleur. Papa me
conduit à l’hôpital. Les radiographies révèlent
une fracture du tibia droit et une légère entorse à la
cheville gauche. J’ai vraiment fait une mauvaise chute, mais elle
aurait pu
être pire.
On me plâtre la jambe et ma cheville est bandée. J’aurais
pu marcher avec le plâtre à lui seul, mais à
cause de l’entorse, le médecin me déconseille la
marche pour ne pas aggraver ma blessure. Il me propose d’essayer
un fauteuil roulant pour les deux semaines à venir.
Je commence par refuser. Maman en a déjà assez à
faire. Puis, je réfléchis : d’abord je n’ai
pas mille solutions, puis maman pourra enfin s’occuper un peu de
moi ! Je finis par accepter.
En arrivant à la maison, papa s’empresse auprès de
moi. Inquiète, maman nous attend sur le seuil de la porte.
- Mon Dieu ! Pas une autre !
- Ne t’en fais pas maman, ça va aller.
Hourra ! Papa et maman s’aperçoivent enfin de mon existence.
Je profite pleinement de leur attention à mon égard. C’est
agréable de ne plus avoir à m’occuper des autres
et d’être dorlotée. Je suis évidemment dispensée
de toutes tâches.
Après trois jours de pur égoïsme, je réalise
que maman en a plein les bras. Elle s’occupe de ses trois enfants à temps
plein, dont un bébé, un handicapé
et une blessée, et assume toute la charge de la maison. Or, comme
nous étions adolescents, mon frère et moi, elle aurait
dû normalement profiter d’un peu de temps libre. En voyant
les cernes s’accentuer sur son visage, les remords m’envahissent.
Je décide de tout faire pour alléger sa tâche et
commence à refuser son aide, persuadée que je peux, si
je m’efforce, me débrouiller seule.
Cette expérience s’avère assez pénible. Je
ne peux pas effectuer le moindre déplacement sans juger et évaluer
les distances. Pour sortir de ma chambre, je dois calculer l’espace
qu’il me faut. Faire ma toilette sans l’aide de maman est
compliqué et les petits gestes automatiques de tous les jours
deviennent un exploit. Je commence alors à voir Stéphan
sous un autre œil. Même s’il a désobéi,
il ne mérite pas ce qui lui arrive. En plus, il n’est même
pas responsable de l’accident. En effet, ce jour-là, l’automobiliste
avec qui il est entré en collision avait brûlé
un feu rouge.
Après ma chute, j’ai eu la chance
de n’avoir que des problèmes passagers. Dans quelque temps,
toutes mes fonctions seraient rétablies, tandis que Stéphan
en paierait le prix pour le reste de sa vie. Puisque le destin m’en
donne la possibilité, je dois à tout prix me mettre dans
sa peau et tenter de mieux comprendre sa situation.
Ce n’est pas évident. Pour tout dire, je dois souvent me
contraindre puisque mon état n’est pas comparable
à celui de mon frère. Mais je m’y emploie de tout
mon cœur. Je commence à porter une attention toute particulière à Stéphan.
J’espionne ses moindres gestes et essaie de l’imiter. Je
dois tricher un peu. Malgré tout, je refuse d’admettre ma
méchanceté
envers Stéphan et décide qu’il peut lui aussi se
passer des services de maman. Il n’a qu’à
faire comme moi. Après tout, malgré les difficultés,
j’arrive à me débrouiller seule.
- Stéphan, tu ne vois pas que maman est fatiguée. Tu pourrais
faire un effort. J’y arrive bien, moi !
Je me sens rougir. Je ne vais certainement pas lui dire que je m’appuis
sur mon plâtre quand il ne peut pas me voir.
- Je sais que maman est fatiguée et je voudrais me passer de son
aide, mais je n’y arrive pas.
Je vois les larmes lui monter aux yeux. Pour ne pas me laisser attendrir,
je m’empresse d’avancer jusqu’à la cuisine.
Par la même occasion, je veux prouver à mon frère
que je peux faire plus que simplement m’occuper de moi.
- Maman, donne-moi Mia, je vais l’endormir.
- Tu es certaine que ce ne sera pas trop pour toi ?
- Bien sûr ! Passe-la-moi.
J’entends une porte claquer et vois Stéphan emprunter la
rampe qui mène au jardin. Je ne peux apercevoir son visage, mais
je vois bien que ses épaules sont secouées par les sanglots.
- Maman, il me semble que Stéphan ne fait pas tellement d’efforts
pour progresser. J’essaie de me mettre à sa place, mais
je ne comprends toujours pas son entêtement à
vouloir se faire aider.
- Ma chérie, ce n’est pas si simple.
- Mais moi j’y arrive et ça ne fait qu’une semaine
que je suis dans ce fauteuil !
Ma mère me fixe dans les yeux, un sourcil relevé.
- Bon j’admets que je triche un peu, mais…
- Quand tu réussiras à accomplir les mêmes exploits
sans l’aide de tes jambes, on en reparlera. D’ici là,
je te prierai de bien vouloir être indulgente envers ton frère.
Je ne suis pas aveugle. J’ai vu la façon dont tu traites
Stéphan. Tu t’entendais à merveille avec lui avant
cet accident.
- C’est promis. Je m’excuse maman.
- Ce n’est pas à moi que tu dois t’excuser, Jacquie.
Sur ce, elle dépose un baiser sur mon front, prend Mia qui s’est
endormie et la dépose dans son berceau.
Les jours suivants, je mets davantage de détermination à
imiter Stéphan, sans tricher cette fois. Mes tentatives sont vaines.
Je ne peux réaliser tout ce que Stéphan arrive déjà à faire
dans une journée et ce n’était qu’un début.
Il a encore beaucoup
à apprendre pour être tout à fait autonome. Mon admiration
pour lui a encore augmenté. Il est redevenu mon grand frère
adoré.
Après les deux semaines en fauteuil roulant, on me retire le bandage.
Ma cheville est bien rétablie. Le fauteuil fait place à des
béquilles. J’en ai encore pour dix semaines avec le plâtre,
mais je suis ravie de pouvoir enfin me déplacer sur mes jambes.
De retour à la maison, j’ai un léger serrement en
voyant mon frère dans son fauteuil. Il y restera toujours.
La période des Fêtes ramène un peu de joie dans la
maison. C’est le premier Noël de Mia et toute la famille s’en
réjouit. Ses yeux émerveillés devant le sapin lumineux
nous charment. Évidemment, comme tous les bébés,
elle s’intéresse davantage aux emballages qu’à leur
contenu. C’est la première fois que je vois Stéphan
rire depuis son accident. Il prend Mia sur ses genoux. Nous sommes tous émus
de le voir lui faire des taquineries. C’est le début de
la guérison de son âme.
Le temps passe et ma jambe droite est enfin débarrassée
de son plâtre. Je me sens libre. Mia demande moins d’attention
et Stéphan a encore fait de grands progrès. Maman peut
enfin se reposer un peu.
- Jacquie, n’oublies pas que tu retournes à l’école
lundi, n’est-ce pas ? As-tu terminé les travaux scolaires
que Caroline t’a remis cette semaine ?
- Oui maman, je les ai terminés hier.
- Alors qu’est-ce que tu attends pour sortir avec tes amis?
- Tu n’as pas besoin de moi ?
- Non ! Allez ouste ! Ne rentre pas trop tard.
- Merci maman !
J’ai une pensée pour Stéphan, un petit serrement.
Pour moi la vie reprend son cours normal, mais quelle vie aurait mon
frère désormais ? Il n’a que quinze ans et tout son
univers s’est écroulé. Je décide de l’inviter.
Bien que surpris de ma proposition, il accepte avec joie. J’en
suis plus heureuse que je ne l’aie imaginé. Maman nous regarde,
sceptique.
- Je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée.
- Ne t’inquiètes pas maman, je vais bien m’occuper
de mon grand frère.
- Maman, j’ai envie de sortir moi aussi ! J’ai passé
des mois à l’hôpital et maintenant je suis enfermé
ici. Les seules sorties que je fais, c’est pour aller en thérapie.
J’ai envie de me dégourdir les jambes.
D’abord incertaines d’avoir bien entendu, ma mère
et moi éclatons de rire. Stéphan retrouve son sens de l’humour.
Désormais, on nous voit rarement l’un sans l’autre.
Ses amis recommencent à le fréquenter et, quand un est
invité, l’autre l’est aussi. J’aime Stéphan
de tout mon cœur et les épreuves qui menaçaient de
nous éloigner nous ont finalement rapprochés.
Son anniversaire approche à grands pas et maman m’a chargée
d’inviter tous nos amis à une fête surprise en son
honneur. Le grand jour arrive. Je dois absolument
éloigner mon frère de la maison pour que maman et tante
Suzanne préparent la fête. Comme je sais qu’il a un
faible pour notre amie Chantal, je demande à Stephan de m’accompagner
chez elle pour voir sa nouvelle guitare. Il accepte joyeusement. Par
la même occasion, papa en profite pour prendre livraison de l’ordinateur
qu’il a commandé
pour Stéphan.
Nous ne devons pas revenir à la maison avant treize heures trente
car les amis commencent à arriver à treize heures. Chantal
m’a promis de trouver le moyen de nous retenir et tient promesse.
Mine de rien, sa mère nous invite à
dîner et nous acceptons, évidemment. Après le dîner,
comme prévu, Chantal offre de nous raccompagner.
Stéphan ne s’y attend vraiment pas. Il pleure de joie en
voyant tous nos amis. La fête commence. Nous sommes dehors et tout
le monde en profite pour s’amuser dans la piscine. Les garçons
persuadent Stéphan d’enfiler son maillot, tout en le menaçant
de le jeter à l’eau s’il ne s’exécute
pas sur-le-champ. Après le souper, papa allume les lampadaires
et Lucas, le meilleur copain de mon frère, se charge de la musique.
La danse commence. Tout le monde s’en donne à cœur
joie. Stéphan se tient un peu à l’écart et
bat le rythme dans ses mains. Je vais le rejoindre.
- Comment ça va ?
- Super ! C’est vraiment une belle fête !
- J’ai encore un petit quelque chose pour toi.
Je lui remets une carte d’anniversaire. Sur la carte, on y voit
un Bernard-l’hermite, l’air surpris.
- Tu vois, ici c’est moi !
- Comment ça ?
- Tu sais, je n’ai pas été très gentille avec
toi et je le regrette. Quand j’étais en fauteuil roulant,
j’ai cru que je pouvais me mettre dans ta peau pour mieux te comprendre.
Comme tout était plus facile pour moi que pour toi, je me suis
dit que si moi j’y arrivais, tu pouvais en faire autant. Maintenant,
je réalise les difficultés que tu rencontres en j’en
suis navrée. Je m’excuse pour le mal que je t’ai fait.
Je t’aime tellement !
- Ne t’en fait pas petite sœur. Je t’aime, moi aussi
!
Aujourd’hui, Stéphan est autonome. Il a terminé
ses études avec succès et travaille en programmation. Il
compte se marier le mois prochain. Moi, je poursuis mes études
en psychologie. Dans un an, j’aurai terminé. Un emploi m’attend à l’hôpital.
Cette pénible expérience m’a grandit. J’ai
beaucoup appris. Je suis moins égoïste et davantage
à l’écoute des gens qui m’entourent. Mais il
y a une chose entre autres que je n’oublierai jamais aussi longtemps
que je vivrai. On ne peut vraiment se mettre dans la peau de l’autre.
Jacqueline
Cette nouvelle fut sélectionnée
parmi les dix meilleures lors du concours « La Plume d’or
2004 » organisé
par le Centre des femmes du Haut-Richelieu.
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